Das Seiende „in der Erscheinung” ist dasselbe l Seiende wie das Seiende an sich, ja gerade nur dieses. Es allein kann ja als Seiendes, obzwar nur für eine endliche Erkenntnis, Gegenstand werden. Es offenbart sich dabei gemäß der Weise und Weite des Hinnehmen- und Bestimmenkönnens, über die eine endliche Erkenntnis verfügt.
Kant gebraucht den Ausdruck „Erscheinung” in einer engeren und weiteren Bedeutung. Erscheinungen im weiteren Sinne (Phaenomena) sind eine Art von „Gegenständen” 38, nämlich das Seiende selbst, das endliches Erkennen als denkend hinnehmende Anschauung offenbar macht. Erscheinung im engeren Sinne meint dasjenige an den Erscheinungen im weiteren Sinne, was ausschließlich Korrelat der vom Denken (Bestimmen) entblößten, zur endlichen Anschauung gehörigen Affektion ist: die Gehalte der empirischen Anschauung. „Der unbestimmte Gegenstand einer empirischen Anschauung heißt Erscheinung.” 39 Erscheinen besagt: „ein Objekt der empirischen Anschauung sein” 40.
Die Erscheinungen sind nicht bloßer Schein, sondern das Seiende selbst. Dieses Seiende wiederum ist nicht etwas anderes als die Dinge an sich, sondern eben dieses eine Seiende. Das Seiende selbst kann offenbar sein, ohne daß das Seiende „an sich” (d. h. als Ent-stand) erkannt ist. Die doppelte Charakteristik des Seienden als „Ding an sich” und als „Erscheinung” entspricht der zweifachen Art, gemäß der es zum unendlichen und endlichen Erkennen in Beziehung stehen kann: das Seiende im Entstand und dasselbe Seiende als Gegenstand.
Wenn anders in der Kritik der reinen Vernunft die Endlichkeit des Menschen Problembasis m für die Grundlegung der Ontologie ist, dann muß die „Kritik” auf diesen Unterschied der endlichen und unendlichen Erkenntnis besonderes Gewicht legen. Daher sagt Kant von der Kritik der reinen Vernunft, daß „sie das Objekt in zweierlei Bedeutung nehmen lehrt, nämlich als Erscheinung, oder als Ding an sich selbst” 41. Genau besehen dürfte nicht von „Objekt” n gesprochen werden; denn für die absolute Erkenntnis kann es keine Gegenstände geben. Im Opus postumum sagt Kant, Ding an sich sei nicht ein anderes Seiendes als die Erscheinung, d. h. „der Unterschied der Begriffe von einem Dinge an sich und dem in der Erscheinung ist nicht objektiv, sondern bloß subjektiv. Das Ding an sich ist nicht ein anderes Objekt, sondern eine andere Beziehung (respectus) der Vorstellung auf dasselbe Objekt” 42.
L’étant qui « se présente comme phénomène » est le même étant que l’étant en soi, et ne peut être que celui-ci. Ce dernier seul peut, en tant qu’étant, s’offrir comme objet, encore qu’il ne le puisse que pour une connaissance finie. Il se manifeste alors conformément au mode et à la portée du pouvoir de réceptivité et de détermination dont dispose la connaissance finie.
Kant emploie le terme de « phénomène » en un sens large et en un sens étroit. La connaissance finie, en tant qu’elle est une intuition pensante et réceptrice, rend manifeste l’étant lui-même sous la forme d’« objets 38 », les phénomènes au sens large. Le sens étroit de phénomène vise ce qui, dans les phénomènes au sens large, est le corrélat exclusif de I’affection inhérente à l’intuition finie, lorsqu’elle est dépouillée de l’élément de penser (déterminer) : les contenus de l’intuition empirique. « L’objet indéterminé d’une intuition empirique se nomme phénomène 39. » Apparaître veut dire : « être objet de l’intuition empirique 40 ».
Les phénomènes ne sont pas une pure apparence, mais l’étant lui-même. Et celui-ci, de son côté, n’est rien d’autre que la chose en soi. L’étant lui-même peut être manifeste sans que l’étant « en soi » (c’est-à-dire comme création [Ent-stand]) soit connu. Le double caractère de l’étant comme « phénomène » et « chose en soi » répond à la double manière dont celui-ci peut se rapporter soit à une connaissance finie, soit à une connaissance infinie : l’étant en tant que création [Ent-stand] et le même étant comme objet [Gegenstand].
S’il est vrai que la finitude de l’homme devient dans la Critique de la Raison pure la base de tous les problèmes relatifs à l’instauration du fondement de l’ontologie, la Critique devra insister spécialement sur cette distinction de la connaissance finie et de la connaissance infinie. C’est pourquoi Kant dit de la Critique de la Raison pure qu’elle « nous apprend à prendre l’objet dans deux sens, c’est-à-dire comme phénomène et comme chose en soi 41 ». Au sens strict du mot, on ne pourrait cependant pas parler d’« objet », car il ne peut y avoir aucun ob-jet pour la connaissance absolue. Kant dit dans l’Opus postumum que la chose en soi n’est pas un autre étant que le phénomène : « La distinction des concepts relatifs à la chose en soi et à la chose en tant que phénomène n’est pas objective mais simplement subjective. La chose en soi n’est pas un autre objet mais une autre relation (respectus) de la représentation à l’égard du même objet 42. »
The essent “as it appears” [i.e., as a phenomenon] is the same as the essent in itself and only this. Indeed, only insofar as it is essent can it become an object, although only to finite knowledge can it be such. It manifests itself thereby in conformity with the manner and scope of the receptive and determinative power at the disposal of finite knowledge.
Kant used the expression “appearance” in a narrow and in a broad sense. Finite knowledge as intuition which is receptive and in need of thought makes the essent itself manifest in the form of “objects,” 38 i.e., appearances in the broad sense (phenomena). “Appearance” in the narrow sense refers to what in the appearance (in the broad sense) is the exclusive correlate of the affection inherent in finite intuition when this is stripped of the elements supplied by thought (determination): the content of empirical intuition. “The undetermined object of an empirical intuition is entitled appearance.”39 To appear means to be “an object of empirical intuition.”40
Appearances are not mere illusions but the essent itself. And the essent, on its side, is nothing other than the thing “in itself.” The essent can be manifest without being known “in itself,” i.e., qua e-ject. The dual characterization of the essent as thing in itself and as “appearance” corresponds to the relation in which it stands to infinite and finite knowledge respectively, as e-ject and ob-ject.
If it is true that in the Critique of Pure Reason, human finitude becomes the basis of all the problems relative to the laying of the foundation of ontology, then the Critique must lay special emphasis on this distinction between finite and infinite knowledge. This is why Kant said of the Critique of Pure Reason that it teaches “that the object is to be taken in a twofold sense, namely as appearance and as thing in itself.”41 In the strict sense of the term one should not speak of an “object,” for to absolute knowledge no object can be given. In the Opus postumum, Kant states that the thing in itself is not something other than the appearance: “The distinction between the concept of thing in itself and that of appearance is not objective but merely subjective. The thing in itself is not another object but another aspect (respectus) of the representation with regard to the same object.”42